Formations continues

Retrouvez ci-dessous les dernières formations délivrées par des experts de la santé

Notre livret

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Pr Nathalie LASSAU

Directrice de l'IFSBM

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Mr Mikael AZOULAY

Directeur de la transformation numérique et des systèmes d’information.

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Dr Jean-Pierre ARMAND

Conseiller scientifique.

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Dr. Ken OLAUSSEN

PhD, Maître de conférences à l’Université Paris Sud.

Module « Accompagnement d’un projet d’intelligence artificielle en santé »

Qu’est-ce que l’IFSBM ?

L’Institut de Formation Supérieure BioMédicale , département de la Faculté de Médecine de l'Université Paris-Sud, est né il y a maintenant 30 ans sur l’idée d’un projet innovant de partenariat entre les « Grandes Écoles » (CentraleSupélec, institut d’Optique, Polytechnique) qui forment des ingénieurs pour leur offrir la possibilité de faire un double diplôme au sein de notre institut de formation. L’objectif était, et reste encore aujourd’hui, de créer une dynamique entre l’ingénierie et le monde médical. Dans un premier temps ce partenariat répondait à une attente des Grandes écoles, aujourd’hui il répond aussi au besoin des entreprises et des Star Ups qui se développent dans des domaines médicaux de plus en plus pointus ou qui souhaitent s’intégrer dans ce monde avec toutes les possibilités qu’il offre

Qu’apporte cette synergie Ingénierie/Médecine ?

La médecine permet un diagnostic et propose un traitement. En y ajoutant la technologie et l’analyse des Data, nous décuplons ses possibilités dans tous les domaines pour une meilleure prise en charge des patients : diagnostics, parcours patient, ciblage, optimisation des traitements et leur suivi. Avec une seule finalité : faire bénéficier au plus grand nombre des innovations et les employer à bon escient compte tenu de leur coût et obtenir les meilleurs résultats cliniques possibles.

Que peut apporter l’IFSBM à des entreprises ?

A travers 9 modules, nos formations offrent la possibilité de s’immerger dans ce que va faire la médecine de demain : Intelligence Artificielle, Ingénierie Biomédicale, innovations thérapeuthiques (en particulier avec l’onco-hématologie), l’analyse génomique et « Big Data » moléculaire, anti-corps monoclonaux et biomédicaments qui s'ouvrent aujourd’hui bien au-delà de la cancérologie. L’IFSBM offre donc aux entreprises l’opportunité de comprendre et de percevoir tous les champs des possibles qui s’ouvrent aujourd’hui à la médecine. Tout cela n’est possible qu’en mixant les savoirs (Biotechs/Medtechs).

Quelques exemples :
  • L’intelligence Artificielle, qui est déjà intégrée depuis plusieurs années dans les diagnostics, s’introduit aujourd’hui dans le parcours patient ou encore dans l’aide à la décision lors des RCP (Réunions de Concertation Pluridisciplinaire).
  • Les big Data moléculaires qui permettent d’identifier le bon traitement pour le bon patient nous ont apporté un gain supplémentaire de 10 % des réponses, ce qui est considérable et cela avec des molécules dont nous disposons déjà.
  • Les biomolécules telles que les cellules souches qui ont déjà amorcé l’ère de la régénérescence tissulaire, en particulier cardiaque et hépatique.
  • Tout le monde a bien compris que la médecine était à un tournant crucial de son évolution, que nous sommes déjà bien au-delà du diagnostic et de la réponse thérapeutique. Les industriels et les jeunes entrepreneurs l’ont bien compris.
Concrètement comment se présentent ces formations et comment les intégrer ?

Chaque module se déroule sur 3 jours. 3 jours faits de cours théoriques mais qui laissent du temps aussi pour débattre avec des experts, s’exercer concrètement aux nouvelles technologies, se créer un réseau de chercheurs… et comprendre les nouveaux enjeux de l’alliance Ingénieur/Médecin. Le coût de la formation pour un module de 3 jours est de 1600 €. Un coût qui reste abordable et qui peut être pris en charge dans le cadre des droits à la Formation Continue. A noter que le nombre de places est limité… alors mieux vaut ne pas tarder si un ou plusieurs de ces modules vous intéressent !

Pour tous renseignements vous pouvez contacter le secrétariat de l’IFSBM Mme Marylène HEURTAUT marylène.heurtaut@gustaveroussy.fr

Votre module porte sur les projets d’intelligence artificielle (IA) en santé. Quelles notions peut-on acquérir en 3 jours sur ce vaste sujet ?

Les 3 journées sur lesquelles s’échelonne le module couvrent l’ensemble des volets de gestion d’un projet d’IA en santé. Notre ambition consiste à partager une vision systémique avec les étudiants. Un projet d’IA en santé appelle la prise en compte et l’accompagnement de plusieurs dimensions : clinique, data-management, technique, règlementaire (RGPD, CNIL), cybersécurité, budgétaire, RH (au sens des expertises mobilisées). Dit autrement, un projet d’IA en santé, particulièrement à l’hôpital, ne va pas de soi. Plusieurs facteurs-clés de succès doivent être réunis, comme autant de leviers issus d’univers sectoriel/fonctionnel variés : clinique, académique, gestion de données, développement informatique, infrastructure technique, etc.

Quels sont les objectifs de ces projets d’IA en santé ?

Le principal objectif assigné à la formation consiste en une acculturation à l’accompagnement d’un projet d’IA, au contact de professionnels diversifiés (startups, industriels, cliniciens, chercheurs, directions hospitalières).

La plupart des modules de formation de l’IFSBM intègre un aspect « pratique ». Comment faites-vous pour l’IA alors que ces projets se construisent dans un temps qui dépasse celui d’une formation sur 3 jours ?

Dans un premier temps, nous proposons aux étudiants un cadre conceptuel. Ce dernier est mis en perspective à la faveur de retours d’expérience de plusieurs startups (en interrogeant les difficultés rencontrées et les réussites). Ce temps de partage permet également aux étudiants et aux entreprises d’entrer en relation. Les étudiants sont par ailleurs mobilisés sur la restitution d’un travail de groupe, visant à mettre en application le contenu pédagogique dans le cadre d’un projet thématique.

Le module constitue avant tout un catalyseur de projet et de « bonnes pratiques » en matière d’IA dans la santé.
Pourquoi un module sur les biothérapies et les anticorps monoclonaux ?

Les anticorps monoclonaux ont bouleversé la médecine mais aussi la biotechnologie car outre leur efficacité, ils nécessitent une extrême maîtrise des techniques de fabrication et un haut niveau d’exigence en terme de contrôle de qualité. Ciblant un phénotype, ils sont l'outil de référence de la médecine de précision et de l’immunothérapie. Pour nos formations, conçues à l’origine pour mixer les savoirs des Grandes Écoles et des Universités, ils sont l’exemple type pour illustrer le besoin de fusion entre ces deux mondes, de l'ingénieur et du chercheur. L'enseignement couvre : la recherche, la production industrielle, l’essai thérapeutique, le réglementaire, et l’application thérapeutique au malade. Par ailleurs, leurs premières applications et indications offrent l’opportunité de faire une présentation de l’état de l’Art du traitement en cancérologie. Les anticorps monoclonaux sont donc un prétexte pour démontrer le besoin d’acquérir une vision large et projective d’un projet allant de sa découverte à son application au malade.

Quelle différence entre les anticorps monoclonaux et l’immunothérapie qui semble aussi être une avancée majeure dans le cancer ?

En fait, les anticorps monoclonaux agissent directement sur le mécanisme de la multiplication anarchique des cellules cancéreuses, telles que les mutations, permettant parfois de ré-instaurer les freins « naturels » à ce désordre cellulaire, c’est l'immunothérapie agit sur des médiateurs immunocompétents (tels que les lymphocytes ou encore les macrophages). Par ailleurs, les anticorps peuvent avoir différentes cibles sur la cellule cancéreuse, c'est la médecine de précision. Alors que l’immunothérapie reste plus spécifique car elle reconnaîtra comme non soi les différentes mutations contemporaines ou séquentielles d’une même cellule cancéreuse. Enfin, l’immunothérapie, comme son nom l’indique, perturbe l'équilibre du système immunitaire, elle peut s'activer contre les cellules normales de tous les organes. Elle entraîne en particulier une quasi disparition de l’action de l’hypophyse, favorisant potentiellement l’apparition de maladies auto-immunes. Nous sommes donc encore en pleine exploration de leurs potentiels… mais aussi de leurs dangers. Il nous semble important à travers ce module de donner toutes les cartes et de présenter tous les aspects à ceux qui souhaitent développer des projets dans ces domaines.

Il y a donc encore beaucoup à découvrir sur les biothérapies ?

Bien sûr, nous n’en sommes qu’au début en particulier dans le ciblage immunologique ! Les anticorps monoclonaux doivent faire face à de nombreux obstacles, à commencer par les résistances de novo ou acquises, la production, le coût financier et les biosimilaires qui ne sont pas des génériques. Pour l’immunothérapie, il faut avoir à l’esprit que seuls 10 à 15 % des patients ont aujourd'hui un bénéfice à long terme avec d'authentiques guérisons à l'arrêt du traitement... il est en revanche immédiatement plus spectaculaire pour les monoclonaux ciblant directement la cellule cancéreuse, mais très palliatif car la cellule tumorale mute, s’adapte et finit par résister à ces nouveaux traitements aussi précis soient-ils. Nous courrons donc après les mutations et quand nous réussissons à en bloquer une, une autre apparaît ailleurs. Réfléchir et travailler sur les biothérapies est donc aussi un apprentissage du penser « autrement » et de l’anticipation. Il faut non seulement identifier les profils potentiels des bons répondeurs mais imaginer sans cesse de nouvelles combinaisons pour prendre la cellule cancéreuse de « court » si je puis dire. Ne pas lui laisser le temps de s’adapter et de contrer ces nouvelles molécules.

Ce module biothérapies porte donc essentiellement sur l’oncologie ?

C’est dans le domaine de l'oncologie que le monoclonal s’est rapidement imposé, mais il s'étend à toutes les pathologies. L’oncologie n’est que le début, déjà les anticorps monoclonaux commencent à apparaître dans les maladies chroniques rhumatologiques et gastriques, ou encore dans les infections VIH, peut-être demain dans les maladies neuro-dégénératives. Oui vraiment nous ne sommes qu’à l’aube de ce que les biothérapies pourront apporter et c’est bien là tout l’intérêt de ce module.

Vous êtes co-responsable de 3 modules sur la biologie cellulaire, la pathologie et la prise en charge du cancer, pourquoi 3 modules ?

Cela pourrait sembler beaucoup mais en fait c’est peu de temps pour apporter ou actualiser les connaissances sur la physiologie et la pathologie cellulaire, qui sont la base de la compréhension des thérapies innovantes actuelles et futures. Il s’agit effectivement de comprendre comment fonctionne une cellule normale, comment elle se dérègle, ce qu’est l’ADN, ce que sont des mutations, comment utiliser des cellules souches, ou encore comprendre comment les cellules cancéreuses résistent aux traitements et les stratégies envisagées pour surmonter cette résistance.

Comment sont réparties ces connaissances à travers ces 3 modules ?

Globalement le 1er module permet d’apprendre comment les cellules se divisent et comment elles meurent, pas seulement de manière théorique mais concrètement à travers des travaux pratiques en réalisant par soi-même la culture cellulaire et l’induction de la mort cellulaire in vitro. Et 3 jours ne sont pas de trop pour cette mise en pratique. Le 2ème module se concentre lui sur la pathologie cellulaire, cancéreuse bien sûr, mais pas seulement. Ainsi nous abordons un large spectre de pathologies au cœur des enjeux de santé actuels : les pathologies virales dont le VIH (avec tous les phénomènes de résistances), les pathologies neurodégénératives (telles que la maladie d’Alzheimer), les pathologies endocriniennes ou encore les maladies immunitaires (telles que les myopathies) dont 90% sont encore considérées comme des maladies orphelines, c’est-à-dire sans option thérapeutique disponible à ce jour. Enfin, le 3ème Module est axé sur les nouveaux outils diagnostiques et thérapeutiques à travers, entre autres, la mise en place des essais cliniques, les thérapies ciblées en oncologie, les nouvelles techniques de radiothérapie ou de transplantation de moelle osseuse, sans oublier une analyse des enjeux médico-économiques de ces thérapies innovantes souvent coûteuses. Là encore une immersion concrète illustre ce module à travers une visite aux Urgences et en Réanimation oncologique auprès des malades pour mieux saisir certaines spécificités de la prise en charge du cancer (dont ses aspects hautement pluridisciplinaires). Il s’agit donc en 3 jours d’avoir une vision sur toute la complexité de la prise en charge des malades, de la prévention aux essais innovants puis à la mise à disposition de nouveaux traitements, jusqu’aux urgences.

Vous évoquiez les enjeux médico-économiques, ces modules vont donc au-delà de l’aspect scientifique des thérapies innovantes ?

Effectivement car de nombreux acteurs interviennent dans l’organisation de cette prise en charge et doivent être connus de ceux qui se lanceront dans de tels projets professionnels. Il y a les instances de santé, les associations de patients et aussi tous les professionnels de santé intervenant dans les soins de support tels que les psychologues et les spécialistes de la douleur. Car, malgré les incroyables progrès de ces dernières années, les professionnels de santé sont fréquemment amenés à accompagner la fin de vie et cela ne peut être occulté même si toute notre énergie est focalisée sur l’objectif de faire reculer voire disparaître celle liée aux cancers.